Il y a un an qu'elle attendait Noël. Par principe, seulement.
A la messe, il n'y a plus personne.Et les sapins, tout le monde en a, même ceux qui ne vont plus à la messe. Parce que pour elle, Noël c'était sa campagne blanche, à perte de vue depuis sa terrasse. Mais depuis qu'elle est à Paris, dans ce triste deux pièces il n'y a que pluie et pollution. Noël, c'était sa famille réunie, mais maintenant, son mari est enterré, et ses enfants à l'autre bout du monde, et du coeur. Parce que Noël, c'était des dizaines de cartes reçues et envoyées, et maintenant, il n'y a plus que La Redoute qui lui envoie ses voeux. Noël, c'était une grosse boîte de Lindt, et maintenant, elle ne pourrait jamais la finir seule, alors autant ne pas l'acheter, ce serait mauvais pour sa ligne. Parce que Noël, c'était un énorme repas, mais maintenant, c'est des portions individuelles barquetées par Monop', avec une date de péremption. Noël, c'était dans sa vie, mais maintenant, c'est dans ses souvenirs.
Elle attendra quand même le prochain Noël, par principe, seulement.
Mathieu Kassovitz pour svmmac.fr (23/12/2009)
Comme vous le savez, je travaille pour le site Vodkaster et entre deux tâches, il m'arrive de faire des playlists juste comme ça, pour le plaisir...
Celle-ci a été franchement sympa à faire, et surtout, à écouter...
Tout le monde connait cette chanson : Everybody's Gotta Live de Love... En voila une bien meilleure version, celle qui figure sur Love Lost, album non publié en 1971...
Je revois le quai bondé et en délire
Suffoquant sous la chaleur et sous la rage
Et j'entends dans la rame les cris, les soupirs
Qui éclatent et rebondissent autour de moi
Et perdue parmi ces gens qui me bousculent
Étourdie, désemparée, je reste là
Quand soudain, je me retourne, et la cloche sonne,
Et la foule vient me jeter dans cette rame...
Emportés par la rame qui nous traîne
Nous entraîne
Écrasés l'un contre l'autre
Nous ne formons qu'un seul corps
Et le flot sans effort
Nous pousse, enchaînés l'un à l'autre
Et nous laisse tous
Ébétés, énervés et étouffés.
Entraînés par la rame qui tangue
Et qui fonce
A Une folle vitesse
Nos membres restent soudés
Et parfois soulevés
Nos corps enlacés s'envolent
Et retombent tous
Ébétés, énervés et étouffés.
...
Et la face éclaboussée par les postillons
Je tente de me retourner en vain
Mais soudain je pousse un cri parmi la foule
Quand la rame freine brusquement et me renverse...
Emportée par la foule qui me traîne
et m'entraine
Je sors à la mauvaise sortie
Je lutte et je me débats
Mais le son de ma voix
S'étouffe dans les corps des autres
Et je crie de douleur, de fureur et de rage
Et je pleure...
Entraînée par la foule qui s'élance
Sur le quai
Je ne vois rien
Je suis emportée au loin
Et je crispe mes poings, maudissant la foule qui me traine
Loin de la rame qu'elle m'avait donné
Et que je n'ai jamais retrouvée...
Merci Piaf pour La Foule.
C'est ce que disaient en gros les courts-métrages à buts pédagogiques américains des années 50. Enfin, c'est ce sur quoi je pense être tombée au détour d'une recherche Youtube...
Le premier rendez-vous par exemple. Grand moment, faut la jouer cool et traiter la donzelle avec tact et délicatesse. Qualités complètement étrangères à ce grand nigaud de Woody qui aimerait bien savoir s'y prendre avec la gente féminine (adolescence, hormones tout ça...). Alors, qu'est-ce qu'il faut faire et qu'est-ce qu'il faut absolument éviter de faire pour un premier rendez-vous? Veux-tu vraiment inviter la belle mais hautaine Janet? Comment éviter de te prendre un râteau avec la pétillante Ann? Ecoute le Grand Sage et prends-en de la graine!
Dans le petit film suivant, c'est un d'jeun qui répond au doux nom de Gear (ou Will, j'ai pas bien compris) qui a besoin des conseils éclairés d'hommes expérimentés. En effet, son innocente mais fougueuse jeunesse risque de l'entraîner dans une situation qu'il pourrait regretter (entendez le mariage - hé ouai ils déconnaient pas à l'époque). Alors: "es-tu sûr de l'aimer?"
C'est un grand classique, dont on n'est finalement jamais à l'abri.
La fin commence par la mort de la plus grande des illusions, celle en grosse barbe blanche et costume rouge, puis il y a aussi le grand best of du Prince Charming au cheval blanc, mais faut pas croire, en fait il y en a tout plein des illusions. A l'infini même, puisqu'on se les crée tout seul, comme des grands. Il y a les petites illusions, les grandes, et même (les pires) les récurrentes qu'on ne veut pas lâcher, et que l'on s'entête à faire renaitre pour mieux les r-enterrer.
Vivre sans illusion a du bon, très bon.
Tu as les (2) pieds (et la tête) sur terre et finalement, tu n'es jamais déçu, jamais frustré, et tu marches dans les dignes traces de St Thomas, qui sagement, attendait de voir. Même que généralement, tu ne t'en caches pas "oh moi, je ne me fais aucune illusion... bla bla bla". Perso, et pas du tout objectivement, je pense que la fin des illusion est une bonne chose.
Bien sûr, le moment clé, où tu dois décider d'enterrer ta dernière illusion (en date) est hyper difficile. Dur dur. Sérieux, ça brise le coeur. Mais après, quel soulagement. C'est comme si tu venais de déposer sur le bord de la route cette énorme enclume que tu te trimballais pour rien depuis 178 km à pieds.
Alors bien sûr, j'entends d'ici les petites voix des pro-illusions. "Oui, mais vivre sans illusion, c'est comme vivre sans rêve, c'est trop dur, c'est inimaginable, c'est la mort de l'espoir, etc". Ok. J'accepte. Mais chacun son truc j'ai envie de dire. Si tu préfères te trimballer tes illusions le long du chemin, parce qu'elles te font rêver, voler, espérer, te sentir léger, super. Go. Il faut faire ce qui est le mieux pour toi. C'est ça l'essentiel.
Mais moi, j'ai choisi un autre chemin. Celui sur terre, où les petites déceptions quotidiennes me sont largement suffisantes, pour ne pas me rajouter en plus les abîmes de déception et de regrets qui naissent de la fin d'une belle illusion.
Prémonitoire….
et brûlant d’actualité….
Réponse du Chef Seattle en 1854
au gouvernement américain
qui lui proposait d'abandonner
sa terre aux blancs
et promettait une "réserve" pour le peuple indien.
(Extrait)
Tout ce qui arrive à la terre, arrive aux fils de la terre.
Ce n'est pas l'homme qui a tissé la trame de la vie :
il en est seulement un fil.
Tout ce qu'il fait à la trame, il le fait à lui-même.
Même l'homme blanc, dont le Dieu se promène
et parle avec lui comme deux amis ensemble,
ne peut être dispensé de la destinée commune.
Après tout, nous sommes peut-être frères. Nous verrons bien.
II y a une chose que nous savons,
et que l'homme blanc découvrira peut-être un jour,
c'est que notre Dieu est le même Dieu.
Il se peut que vous pensiez maintenant le posséder
comme vous voulez posséder notre terre, mais vous ne pouvez pas.
Il est le Dieu de l'homme,
et sa pitié est égale pour l'homme rouge et le blanc.
Cette terre Lui est précieuse, et nuire à la terre,
c'est accabler de mépris son créateur.
Les blancs aussi disparaîtront ; peut-être plus tôt que toutes les autres tribus.
Contaminez votre lit, et vous suffoquerez une nuit dans vos propres détritus.
Mais en mourant vous brillerez avec éclat,
ardents de la force du Dieu qui vous a amenés jusqu'à cette terre
et qui pour quelque dessein particulier
vous a fait dominer cette terre et l'homme rouge.
Cette destinée est un mystère pour nous,
car nous ne comprenons pas lorsque les bisons sont tous massacrés,
les chevaux sauvages domptés,
les coins secrets de la forêt chargés du fumet de beaucoup d'hommes
et la vue des collines en pleines fleurs ternies par des fils qui parlent.
Où est le hallier ? Disparu. Où est l'aigle ? Disparu.
La fin de la vie et le début de la survivance."
Je vous conseille de lire l'intégralité de ce texte magnifique..